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Organiser son codebook avec les facettes
Un codebook qui grandit signale une analyse qui avance. Mais passé une cinquantaine de tags, la liste devient difficile à lire, à expliquer à de nouveaux collaborateurs, et à utiliser efficacement dans les vues d’analyse. Il faut structurer.
Corpus propose deux outils pour cela : la hiérarchie parent/enfant et les facettes. Les deux se complètent, mais ils répondent à des besoins différents.
La hiérarchie parent/enfant : affiner un thème
La relation parent/enfant permet de spécifier un tag. À partir d’un tag Émotions, vous pouvez rattacher Peur, Colère ou Soulagement comme enfants. Cette structure reflète une progression du général au particulier, à l’intérieur d’un même thème.
Elle trouve sa place quand des tags partagent le même référent et que leur distinction tient à un niveau de granularité plus fin.
Les facettes : regrouper par dimension analytique
Les facettes fonctionnent différemment. Elles ne placent pas un tag sous un autre — elles signalent qu’un groupe de tags appartient à la même dimension de lecture, indépendamment de leur niveau hiérarchique.
Quelques exemples typiques :
| Facette | Tags inclus |
|---|---|
| Acteurs | juge, avocat, témoin, expert, plaignant |
| Émotions | peur, colère, soulagement, confusion |
| Temporalité | avant les faits, pendant la procédure, après le jugement |
| Dispositifs | législation, jurisprudence, pratique institutionnelle |
Ces tags ne relèvent pas d’une hiérarchie commune. Ils partagent une seule chose : la question analytique à laquelle ils répondent — qui parle ?, quelles émotions s’expriment ?, à quel moment ?, par quels moyens ?

Ce que les facettes permettent concrètement
Dans le codebook, les facettes structurent l’affichage et facilitent la transmission : un nouveau membre de l’équipe comprend immédiatement les grandes dimensions de l’analyse sans lire chaque tag un par un.
Dans la matrice de co-occurrence, vous pouvez filtrer l’affichage sur une seule facette. Restreindre la matrice aux tags de la facette Acteurs permet de voir quels acteurs apparaissent ensemble dans les mêmes textes, sans vous noyer dans les autres dimensions.

Dans la concordance, les facettes servent de filtre : vous pouvez chercher un terme en limitant les résultats aux segments déjà porteurs d’un tag d’une facette donnée.
À travers la couleur, enfin, une facette devient immédiatement reconnaissable : assigner une teinte à la dimension Acteurs fait ressortir d’un coup d’œil tous les tags qui en relèvent, dans toutes les vues de la collection.
Quand créer les facettes ?
Pas dès le début. Les facettes prennent sens une fois que vous disposez d’une première vue d’ensemble du codebook — typiquement après une première passe de codage complète.
Quelques questions pour guider la réflexion :
- Certains tags répondent-ils à qui (acteurs), d’autres à comment (dispositifs), d’autres à quand (temporalité) ?
- Identifiez-vous des groupes de tags que vous voudrez filtrer ensemble dans la matrice de co-occurrence ?
- Souhaitez-vous que les exports du codebook restent lisibles pour des personnes extérieures au projet ?
Si oui à l’une de ces questions, les facettes s’imposent comme l’outil adapté.
Ce que les facettes ne font pas
Une facette ne remplace pas la définition des tags. Elle ne résout pas les problèmes d’un codebook incohérent : des tags trop proches, des définitions floues, des chevauchements non assumés. Ces questions relèvent de la révision du codebook lui-même.
Les facettes font une chose précise : rendre visible la logique d’un codebook déjà pensé — et faciliter la navigation dans les analyses une fois cette logique posée.